Beignets de Tomates Vertes… et mures

Fried Green Tomatoes

Je viens de regarder ce film que l’on ma recommandé à plusieurs reprises, mais après coup, j’aurais peut-être du lire le bouquin avant à en lire certaines critiques sur internet. Mais d’un côté ce n’est pas forcément mon style de livre, donc je ne regrette pas, mais un léger détail du film est à priori plus clair dans le livre. Car forcément les centaines de pages vont plus loin que les 2h09 de film, et répondent ainsi à une question que je me suis posé, et où le film me laisse un doute:
Ninny Threadgood qui nous raconte l’histoire datant de l’entre deux guerre dont elle fut témoin, est elle la même personne qu’Idgie Threadgdood, une des deux héroïnes de cette époque?

Je ne réécris pas ici le synopsis du film qui est présent sur Internet, mais quelques bribes d’idées à son sujet, à chaud après l’avoir visionné.

Je pensais donc que Ninny et Idgie sont la même personne, mais ceux qui ont lu le livre affirment le contraire. Comme on ne voit jamais Ninny dans ses souvenirs qu’elle relate tout le long de l’histoire, on est en mesure de se demander si elle parle d’elle à la troisième personne, jusqu’à la fin du bout, ce qui colle bien au trait de caractère d’Idgie, cette garçon manqué, drôlement joueuse…
Du coup OK si les 2 personnages sont différents, ça laisse de la subtilité à l’histoire, où l’on essaie de faire croire au spectateur que les 2 sont les mêmes alors que l’on sait qu’ils sont différents. Oui, Ninny se présente au début comme avoir été mariée avec le frère d’Idgie, mais comme elle parle d’un certain Cléo à un autre moment, dont on n’apprend rien de plus, on peut se demander si elle ne n’est pas tout simplement un peu mytho histoire de mettre un peu en valeur sa vie plus près de la fin que du début…

Mais il n’en est rien, toute cette histoire sert de parallèle entre les 2 époques. L’histoire n’est qu’un prétexte qui sert de cadre au présent. Le temps accordé au récit du présent est très faible comparé à celui du passé, peut-être un facteur 5. Donc on se prend au jeu en croyant peu à peu que l’histoire importante, principale, est celle du passé mettant en scène mariage, mort, assassinat, justice, et d’autres faits d’ampleur… alors que c’est le temps du présent qui en réalité est le plus important. On observe ainsi une double évolution de la condition de la femme, à la fois entre les deux époques, mais aussi au moment du présent. En l’occurrence c’est Éveline, femme au foyer, emprisonnée dans sa maison, rangée comme les produits en grande surface, qui va s’affirmer progressivement.
Comme si l’effet de l’histoire racontée par la vieille dame agissait doucement en tâche de fond dans l’inconscient d’Évelyne.

Ninny comprend Éveline dans ses tourments, et à travers ses histoires va lui permettre de reprendre le contrôle sur sa vie. Ce qui s’avèrera plus productif que les réunions entre femmes auxquelles participe, n’ayant pour but de ne faire d’elle qu’une bonne ménagère! On ne voit Éveline seule uniquement chez elle ou dans le magasin du coin durant presque toutes les scènes du présent. Elle n’a de but que l’accomplissement des désirs de son mari, avec des fantasmes situés à des années lumière de sa réalité, mais reflétant l’expression inconsciente d’une libido étouffée par le monde de consommation dans lequel ce couple de gros vit, un passage du film complètement décalé extrêmement marrant mais qui prend tout son sens. Son évolution se fait beaucoup par l’aspect extérieur, sa coupe de cheveux, ses vêtements, le soin de la cuisine faite pour son mari. Elle finira par casser un mur de sa maison, afin de faire un place comme on l’apprendra à Ninny, mais une place à sa féminité retrouvée!